Valérie Tenza Darmandy
Textes astrologiques
Valérie Tenza Darmandy
Textes astrologiques
Dimanche 11 Janvier 2026
Configurations et trajectoires
Astrologie mondiale
La question du libre-arbitre soulève bien des débats dont les réponses restent des points de vue bien personnels, à la lumière de nos vécus. À l’heure où internet regorge de visions personnelles à propos du libre-arbitre et sur sa malléabilité, je vais vous raconter l’expérience qui m’a saisie très jeune. Mon histoire expose ma vision du libre-arbitre et inévitablement la vision de la mort lorsque l’on est un enfant.
Ma mère avait une jumelle née à plusieurs minutes d’écart (source parentale). Nées le 11 Janvier 1934.
Au début des années 60, lors de la rencontre de mes parents dans un bal, mon père fut attiré par la sœur jumelle de ma future mère, mais la jumelle déclina l’invitation et eu, faut-il le penser, un état visionnaire de l’avenir familial puisqu’elle glissa à l’oreille de sa sœur d’aller danser avec lui et qu’elle les voyait faits l’un pour l’autre.
C’est ainsi que dans les années 60 se scella mon destin et tout ce qui allait déferler comme éveil dans mon enfance. Un nuage assombrit la vie de mes parents heureux ensemble. La santé de ma mère se dégrada à la fin des années 70. Elle dû recevoir une assistance respiratoire avec des bouteilles d’oxygène dont la taille arrivait presque à ma hauteur et auprès desquelles je mesurais toujours l’aiguille de crainte que la pression d’oxygène diminue. Consciente de la dégradation de sa santé, je compris très vite que quelque chose de plus grand se jouait pour changer les plans de la vie.
La question du libre-arbitre s’infiltrait déjà dans ces instants où l’inconscience cessa au profit de la réalité difficile. De passages à l’hôpital en retours à la maison, ma mère rendit son dernier souffle le 8 Juin 1974.
Sans en connaître l’appellation, la question du libre-arbitre me saisit en Juin de cette année, quand ma mère disparut de la surface de la terre. Je questionnai à plusieurs reprises mon père pour comprendre pourquoi nous n’allions plus lui rendre visite à l’hôpital. J’avais 8 ans et demi et j’étais très lucide de l’anormalité de la situation d’autant qu’en rentrant de l’école, le bus scolaire était passé devant l’église où avait lieu un enterrement. Je reconnu des visages familiers attroupés, tous vêtus de noir, sans y voir ma mère. Des morceaux de puzzle se rassemblaient dans mon esprit pour former l’impensable, un avenir que mon esprit rejetait.
Mon père, dévasté par le chagrin ou ne trouvant peut-être pas les mots justes pour me le dire, repoussa cette annonce. Il me dissimula la mort de ma mère durant une semaine. Il me l’apprit, à force de l’interpeller sans cesse du haut de ma petite taille pour obtenir une date de visite à l’hôpital. Il m’annonça la nouvelle le 16 Juin 1974. Plus de 50 ans plus tard, cette scène demeure gravée dans mon âme.
Mon chemin de vie contenait cet évènement. Mon corps éclata de l’intérieur, mon chagrin explosa et je ressentis physiquement une onde de choc s’abattre sur nous comme si le ciel s’effondrait sur nous. Le chagrin de mon père et le mien mélangés furent insupportables. Je couru dans le jardin pour libérer cette énergie d’une grande violence pour mon petit corps. Puis ce fut le trou noir.
Dans les jours et semaines qui suivirent, je me mis à attendre le retour de ma mère au bout de la rue, persuadée qu’elle allait retrouver le chemin de notre maison. Persuadée que mon père s’était trompé dans son interprétation de la réalité, que la mort n’était pas la fin, je me disais que ma mère vivait encore quelque part dans une autre dimension à laquelle nos yeux n’avaient pas accès ! Je ressentais qu’elle s’était cachée dans un endroit où l’on ne la voyait pas mais qu’elle continuait bien à vivre.
L’idée que l’on se fait de la mort à cet âge-là est singulière. A huit ans et demi, on est très conscient du caractère inéluctable de la mort, mais l’on se questionne sur le lieu où se trouve désormais la personne devenue invisible. La mort vue à travers mes yeux d’enfant, fut vécue tel un puissant réveil intérieur ! Pour ma part, l’événement me fit grandir en accéléré !
Elle enclencha la boulimie de vivre chaque instant avec intensité car tout pouvait s’arrêter à tout moment. C’était peut-être dans cette hyper conscience de vivre l’instant présent que se situait déjà ma marge du libre-arbitre seulement à mes 8 ans et demi.
Je livre mon témoignage car la définition simpliste d’un libre-arbitre consistant à agir à volonté sur l’existence pour en éviter les événements difficiles, est évidemment une définition à laquelle il m’est impossible d’adhérer. Mon esprit ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour l’impuissance à laquelle on est parfois confronté. La question du libre-arbitre est d’autant plus flagrante que des épisodes surviennent dans l’enfance, période de l’existence où inévitablement en découlent des conséquences importantes sur l’évolution et de profondes modifications sur la façon de voir la vie.
Ma définition du libre-arbitre se situe à une échelle subtile, dans la gestion des émotions et des angles de vue que l’on prend « après » et dans le niveau de conscience. Les douleurs et épreuves de diverses natures et sur différents degrés de douleurs sont incluses dans l’existence. Évidemment, on peut moduler notre façon de traverser de puissantes épreuves et c’est dans cette fréquence que réside la marge de libre-arbitre. On ne peut éviter les événements majeurs douloureux de la vie qui structurent le cours de l’évolution.
La question du libre-arbitre n’est pas à confondre avec la volonté de tout contrôler à coups de volonté en vue de l’évitement d’événements difficiles ou de situations pénibles.
La sœur jumelle de ma mère, ma tante âgée aujourd’hui de 92 ans, eut un chagrin inconsolable, celui de sa sœur jumelle partie l’année de leurs 40 ans. Ma mère disparut il y a 52 ans.
Dans ce destin gémellaire et de trajectoire familiale, où se situe le libre-arbitre ?
Si mon père avait choisi de faire sa vie avec ma tante, j’aurais eu ma mère toute ma vie, ou l’existence se serait-elle dessinée tout autrement ? Les faits étaient-ils réellement le programme d’incarnation pour chacun d’entre nous ?
Pour voir l’envers du décor, à travers le prisme astrologique, je vous présente les cartes du ciel de mon père et des jumelles, à méditer sur ce que l’on appelle à tout-va, le libre-arbitre. Saturne, Uranus, Neptune et Pluton sont de la partie sur les quatre cartes du ciel. La conjonction appliquante dans mon ciel de naissance entre la Lune et Saturne en maison 4 est de 9 degrés, soit mes 9 ans. De nombreuses configurations dans mon natal convergent vers la disparition de ma mère tôt dans ma vie.
En 1974, les transits et cycles de Saturne, Neptune et Pluton ainsi que l'axe nodal (Noeuds karmiques) sont sur des endroits stratégiques des quatre cartes du ciel. Le transit de Neptune en Sagittaire se prépare pour opérer émotionnellement sur les quatre thèmes de naissance.

Seconde jumelle

Carte du ciel de mon père et mon ciel de naissance.

Mon ciel de naissance

Etat du ciel mondial le 8 Juin 1974 à 0H30, heure du décès.

De 1974 à 1978, le cycle de Neptune sur la carte de naissance de mon père est un désastre émotionnel pour lui du fait de la réactivation des triples carrés initiaux entre Neptune en XII et sa triple conjonction Soleil-Lune-Vénus.
Quelle autre contexte pouvait-il découler ? Simultanément, l’opposition Saturne mondial en Cancer associé au carré de Pluton mondial en Balance vers mon Soleil natal ont gravé les événements. La disparition de ma mère dans mon enfance a nul doute participé à sédimenter ma trajectoire d’astrologue se questionnant sur les événements mondiaux et la place de notre marge individuelle dans ces derniers, et parallèlement les niveaux de la marge de manœuvre dans chaque ciel de naissance.
La vie n’en avait pas fini avec la confrontation à ma question du libre-arbitre puisqu’un second événement a surgi en 1978. Le libre-arbitre a frappé mon destin une seconde fois l’année de mes 12 ans (voir biographie).
Il n’y a pas d’âge pour recevoir les signes avant-coureurs de ce que l’on deviendra plus tard. Pour ma part, toute ma vision de la vie, mes questionnements sur le destin, notre place dans l’univers, mon rapport à la mort, aux épreuves, ma sensibilité se sont joués très tôt de mes 8 ans à mes 12 ans.
De 1974 à 1978, quatre petites années seulement ont forgé ma structure de pensée, mon hyper sensibilité aux ambiances et le chemin astrologique qui allait se dérouler très tôt, avec la question du libre-arbitre, sans même en connaître l’appellation.
Un second tour de Saturne vient de s’accomplir et l’on dit qu’en avançant dans les décennies, les événements proéminents apparaissent de plus en plus à la conscience. Naturellement, seulement quelques années permirent de le comprendre mais leur proéminence s’élève en effet comme un paysage sur le chemin de l’âme.
Plus les décennies s’écoulent, plus les questions sur le libre-arbitre restent sans réponse…
En mémoire de ma mère, 11 Janvier 2026
Valérie Tenza Darmandy
Cartes du ciel, logiciel astro-Pc Auréas